Ce texte est une pure invention de ma part, et je le trouve plutot marrant...
Mardi 22h19 Je vais le faire. Demain. Dès que je le vois. Je lui dis.
Je vais lui dire mots pour mots : « Salut (!) Alors d'abord tu me laisses parler, tu réponds et on passe à autre chose. Ou pas. Donc je voudrais juste savoir si tu veux bien sortir avec moi. Je te laisse le temps de réfléchir. Ou pas. Et si c'est oui, bah c'est cool, sinon bah je vais être super triste. Mais de toute façon il reste un mois avant la fin des cours, dans un mois je te verrais peut être plus donc j'ai rien à perdre et tout à gagner... » (Je devrais peut-être ajouter des "euh" par ci par là, ce serait plus réaliste !) Et là si tout va bien, et tout va bien aller. Il répond ou pas et quoiqu'il dise je m'en vais avec un « salut! » plutôt « salut !» que « salut...». C'est un bon plan, non ?
De toute façon je vais le faire donc bon plan ou pas, peut importe je vais le faire. Et oui c'est un bon plan.
Mercredi 22h07 Et non, je l'ai pas fait. Je l'ai vu, je lui ai parlé mais je ne lui ai pas dit. J'ai pas réussi. Non en fait, c'est parce qu'il y avait Carole. Carole, quel prétexte ! Au moins elle me permet d'alléger ma conscience... J'aurai pu le faire, avec ou sans Carole, j'aurai dû le faire...Mais je l'ai pas fait et donc pour le sujet amour de ma vie, je suis toujours entre nul part et le néant ou entre ici et ailleurs, selon le point de vue....
Et je ne suis pas discrète. Pas du tout. Même Carole a tout capté. Alors que Carole... Comment dire ? Et bien c'est Carole... Et si j'étais amoureuse du mec que j'imagine et non de celui que je voie, qui existe ? Non, c'est pas possible.... Quoique... Cerveau, arrête de réfléchir !!
Le truc nouveau c'est qu'il ne sera pas au billard de samedi 26 mais à celui du 30 !! Donc, ô comble de la joie et du bonheur, je le verrai et je pourrai peut être lui parler. Enfin si j'y arrive et ce n'est pas dit...
Mais pourquoi n'ai-je pas le droit de me voiler la face, d'oublier que je l'aime, de ne plus l'aimer ou plus simplement, pourquoi ne vient-il pas me parler, me déclarer sa flamme...
Mais non la vie ce n'est pas comme dans les livres, c'est bien différent. Ça ne se passe jamais comme on veut, comme on voudrait que ça se passe ou, comme ça devrait se passer pour que l'histoire se finisse bien, dans une fin heureuse, une « happy end » bien à l'anglaise comme dans les beaux films d'amour... Celui que tu aimes ne t'aime pas et tu attends toujours le moment qui, soi-disant viendra quand l'amour sera réciproque. Tu attends et ça te paraît terriblement long... Mais c'est vrai que ce n'est pas à quinze ans que l'on trouvera l'amour de sa vie. A quinze ans, ou tu restes seul à attendre longtemps, trop longtemps à tes yeux, ou alors, tu sors avec le mec qui te demande, tu ne prends pas de risque, tu tombes amoureuse de celui qui ne t'aimes pas, mais tu n'es pas entièrement comblée et tu te forces... et tu largues « le copain » quand ta conscience revient vers toi,... Alors, il faut choisir quoi ? Et puis d'abord es-ce un choix ? De toute façon dès qu'il y a choix il est forcément mauvais... Le mieux est encore de se jeter à l'eau, de lui demander et de te prendre une superbe claque et de les enchaîner inlassablement... Souffrir inlassablement...Ne plus espérer cette période de tiédeur ambiguë qui précède la révélation...
Enfin je n'ai toujours pas résolu cette énigme qui n'a peut être pas de solution, à la grande différence des problèmes mathématiques qui en ont une...Toujours une. Forcément une.
Et, je doute que quelqu'un détienne le bon théorème, ou la bonne définition, pour décrypter les méandres d'un sentiment aussi complexe...
Sur ces belles paroles je retrouve mon lit, toujours aussi rempli de peluche en tout genre, d'oreillers, de couvertures, et autres draps, là pour combler un vide qui n'existe pas. Il est plein, mais toujours aussi vide à mes yeux...